Un autre voyage officiel pour Brendan et un voyage tout court pour le reste de la famille ! On décide donc d’aller à Dawson city pour le festival de films courts. Et comme c’est Pâques, on y va du vendredi au dimanche… court mais ça me permet de voir du pays et d’explorer un peu Dawson city.

On part donc le vendredi après midi, la route n’est plus enneigée mais elle n’est pas en très bon état non plus… il y a pas mal de tronçons non goudronnés et de travaux. C’est Finn qui conduit pendant quasiment les 550km ! J’en profites pour prendre quelques photos en voiture.

Je suis fatiguée du voyage après ma semaine à être malade et décide d’aller dormir pendant que la famille va se montrer au festival et profiter des films courts projetés ce soir.


Le lendemain, on est invité à un brunch et je rencontre beaucoup de nouvelles têtes : beaucoup de francophones, le maire de la ville, les organisateurs du festivals… Puis je me promène dans la petite ville entre les bâtiments colorés et typiques de la ruée vers l’or (les bâtiments récents doivent y ressembler) et la rivière Yukon. Même l’hôpital doit se conformer au code esthétique de la ville !


Un peu d’histoire

En 1896, George Carmack, Skoorum Jim et Dawson Charlie découvrent de l’or dans la vallée du Klondike. Au moment de la dépression économique, la nouvelle de la découverte se répand comme une traînée de poudre.

Ce sont près de 30 000 chercheurs d’or qui débarquent dans ce coin perdu et transforment le village. Du jour au lendemain, la ville devient le centre d’approvisionnement des champs aurifères. En 1898, Dawson est alors la plus grande ville de l’Ouest canadien et la capitale du nouvel territoire du Yukon. La richesse a permis à la ville de s’équiper avec ce qui représentait un luxe à l’époque : l’électricité, le téléphone, de la haute cuisine et de la haute couture importés de pays lointains… à tel point que Dawson fut surnommée le « Paris du nord » !

La ruée vers l’or n’a duré que 2 ans (1897 et 1898) mais Dawson reste un symbole des changements spectaculaires du Yukon et de ses habitants.


La plus grande menace pour la ville a toujours été le permafrost. Lorsque des bâtiments chauffés sont aménagés sur un sol gelé, celui-ci fond et l’eau se mélange à la terre et forme une boue fluide dans laquelle les différents éléments des fondations s’enfoncent à différentes vitesses.

C’est ce que l’on peut voir sur la photo des maisons qui s’embrassent. Ces bâtiments de 1901 n’ont fait l’objet d’aucune mesure : ainsi on peut voir le déroulement naturel des choses.


Le long de la rivière, certaines personnes ont garé leur moto-neige et un traîneau avec des chiens est sur la rivière gelée. Je surprends même un parapente !

Il y a aussi un bateau à vapeur, le Keno : les bateaux à vapeurs à roue arrière ont sillonné les cours d’eau du Yukon pendant près d’un siècle et étaient indispensables aux habitants de la région.

Le Keno était un de ces bateaux, il était souvent le premier à arriver à Dawson au printemps (rempli de fournitures et de chercheurs d’or) et l’un des derniers à repartir en automne (chargé de passagers et de minerai d’or). Son premier voyage date de 1922 et pendant l’été, il transportait du minerai jusqu’à l’embouchure de la rivière Stewart où des bateaux plus gros, comme le Klondike, prenaient le relais.


Après les moto-neiges, je croise un autre type de mastodonte… Durant l’âge de glace, de nombreux mammouths laineux arpentaient le Yukon. De nombreux chercheurs d’or ont trouvé des fossiles (os, dents…) dans le permafrost. Ces fossiles, extrêmement bien conservés par le permafrost, sont une excellente source d’ADN et ainsi contribuent à la compréhension de l’évolution et adaptation des espèces présentes dans ce climat extrême.


À 14h, je rejoins la famille au cinéma pour la séance des enfants (super films courts avec popcorn gratuit) puis on enchaîne avec une séance normale (intéressants sauf quand ça devient trop expérimental…).

On a un peu de temps avant d’aller dîner à Bonton, pour le repas d’anniversaire de Finn, j’en profite pour terminer d’explorer la ville. Il fait gris comparé à ce matin ensoleillé mais les bâtiments ressortent bien !


Je vais jusqu’à la cabane de Jack London (1876-1916), auteur de Construire un feu, Croc-blanc et de l’Appel de la forêt. Il arriva dans le Klondike en 1897 pour chercher de l’or à l’âge de 21 ans. Il n’a jamais trouvé d’or et retourna en Californie sans le sous et malade en 1898.

Malgré son court séjour dans le nord, ce fut une expérience qui influença grandement son œuvre.

Au moment de sa mort, à 40 ans, il était un auteur à succès et connu dans le monde entier. Et ses 3 œuvres qui prennent place dans le Yukon, sont ses œuvres les plus connues.

La cabane que l’on peut voir aujourd’hui a été reconstruite à partir de certains des rondins de bois de la cabane originale de l’auteur. Idem pour le garde-manger (petite cabane en hauteur, à l’épreuve des ours). Elles étaient au bord du ruisseau Henderson et furent découvertes par un écrivain avant d’être démantelée. Il existe 2 répliques utilisant les rondins d’origine : une ici et l’autre en Californie.

Aujourd’hui encore, l’influence de London sur le tourisme à Dawson est grande : les gens du monde entier viennent ici après l’avoir lu !


Il y a aussi la cabane de Robert Service. Ce poète a passé quelques temps à Dawson et a écrit au Yukon des poèmes qui ont capturé l’imagination du public et immortalisé la ruée vers l’or du Klondike. Il partit de Dawson en 1912 et quelques années après, sa cabane était déjà un « temple » pour qui venait jusqu’ici !


Le repas est bon (plusieurs plats à partagés, qui changent toutes les semaines selon l’approvisionnement en nourriture) et on finit la soirée par un verre dans le bar de Peggy’s !


Le dimanche matin, les garçons vont faire le plein et Lise m’amène au Pit, le bar du Westminster hotel. C’est l’un des plus vieux du Yukon et on rencontre pas mal de personnes intéressantes à commencer par le barman… Cud Eastbound travaille là quelques matinées (le bar ouvre à 9h…) pour avoir un minimum de vie sociale sinon il habite sur l’autre rive de la rivière et travaille dans l’art (design, musique, film : https://direwolfmedia.ca/)

Je rencontre aussi Alain Paul, un monsieur français qui est venu s’installer au Yukon il y a plus de 30 ans (il a travaillait au casino) …

C’est donc assises au bar devant une bière que Brendan nous trouve (Finn n’a pas le droit d’entrer puisqu’il est mineur) ! Il dit bonjour aux personnes attablées et on reprend la route… C’est encore Finn qui conduit presque tout le trajet !


Un dernier cadeau pour Pâques : le ciel s’illumine une nouvelle fois et je reste dehors jusqu’à 2h du matin !