Il y a une nouvelle expo temporaire : la Couverture des témoins.
Cette œuvre rend hommage à la force et à la résilience des enfants autochtones qui ont du fréquenter les pensionnats pour Autochtones du Canada.
Cette reproduction évoquant une couverture tissée illustre plus de 800 histoires d’enfants : ces objets peuvent être des lettres, des photos, des œuvres d’art ou des fragments de bâtiments. Nombre d’entre eux ont été donnés par les rescapés et leurs familles ou par des conseils de bandes ou des centres d’amitié. Certains ont été récupérés sur les sites des pensionnats.
L’artiste Carey Newman et le musée canadien des droits de la personne à Winnipeg ont créé une reproduction de la couverture afin de transmettre ces histoires et de les faire connaître dans tous les coins du Canada.
Newman s’est inspiré de l’expérience vécu par son père dans l’un des pensionnats… Chaque objet est un témoin silencieux d’une histoire qui s’oublie mais ensemble, ils sont forts et transmettent au futur les véritables histoires.
Les pensionnats ont existé pendant plus d’un siècle. Dans le but avoué de « civiliser » les enfants autochtones, le gouvernement et diverses Églises conçoivent un programme de scolarisation qui a cours pendant la majeure partie du 20e siècle.
Dans les pensionnats, tout était fait pour assimiler les enfants : on commençait par leur couper leur belle chevelure…
On venait de les arracher à leur foyer et à leur famille, ils étaient confinés dans des édifices étranges et effrayants, obligés de parler une langue qu’ils ne connaissaient pas (et étaient punis lorsqu’ils ne comprenaient pas), et on leur enlevait leurs vêtements et coupait les cheveux…
Beaucoup d’enfants avaient les cheveux longs, tressés, cela faisait partie de leur culture, ils n’avaient jamais coupé leurs cheveux avant… Dans de nombreuses cultures des Premières Nations, on ne se coupait les cheveux que pour pleurer la mort d’un membre de la famille proche…
Dans toute cette confusion et cette incertitude, le choc était brutal…
L’assimilation passait par l’élimination des cultures et des langues autochtones : les enfants des pensionnats finissaient par oublier leur langue maternelle. Quand ils rentraient chez eux, ils ne pouvaient plus communiquer avec leurs parents ou leur fratrie si ces derniers ne parlaient pas anglais…
Cela brisait les liens des enfants avec leur famille.
En 2013 et 2014, l’équipe a voyagé dans tout le Canada pour récupérer ces morceaux d’histoire. Elle a recueilli 887 objets, tous inclus dans la Couverture, provenant de 77 communautés où se trouvaient les pensionnats. Cette approche symbolise la réconciliation et permet de mettre en lumière la beauté dans la tragédie.
Puis je monte au 3e étage poursuivre mon exploration de l’histoire du Canada...
Le monde atlantique à l’aube d’une ère moderne
L’océan Atlantique fait office d’autoroute pour les personne, les biens et l’information.
Au 16e siècle, traverser l’Atlantique représente un danger mais dès la fin du siècle suivant, les techniques rendent les traversées plus sécuritaires, plus rapides et plus fiables.
L’Amérique du Nord se retrouve alors dans un réseau commercial mondial.
Conflit en Acadie
Dès le 17e siècle, les français revendiquent un territoire des Maritimes, l’Acadie (région comprenant aujourd’hui, le Nouveau Brunswick, l’Île du Prince Édouard, la Nouvelle Écosse ainsi que le Labrador et Terre Neuve). Mais son emplacement stratégique et ses pêcheries attisent aussi la convoitise des anglais.
Les français régulent le trafic maritime et la colonisation du Canada depuis l’Acadie tandis que les Mi’kmaqs subissent les incursions britanniques sur leur territoire, d’autant plus qu’ils ont signé des traités reconnaissant leurs droits… En 1749, craignant que les Mi’kmaqs et les Acadiens soutiennent les français s’il advenait une guerre, le gouverneur britannique Edward Cornwallis prend la décision de payer une prime à quiconque rapportera des scalps de Mi’kmaqs… Trois ans plus tard, un nouveau traité est signé entre Mi’kmaqs et britanniques mais la méfiance demeure.
La guerre de 7 ans et la chute de la Nouvelle France
Comme lors de conflits antérieurs, les britanniques et les français s’en remettent aux connaissances et tactiques de leurs alliés autochtones. Même si les soldats européens participent plus activement, la plupart des combats sont menés par les guerriers autochtones.
Québec est assiégé en 1759, les anglais gagnent la bataille des plaines d’Abraham et la Nouvelle France tombe aux mains des anglais.
Un nouveau drapeau
Depuis près d’un siècle, les canadiens hissent un drapeau national non officiel : le Red ensign arborant le Union Jack et les armoiries du Canada. Après la 2GM, beaucoup estiment qu’il faut un nouveau drapeau pour symboliser l’indépendance du pays.
Le 15 février 1965, le nouveau drapeau est officiellement dévoilé.
En 1967, le Canada célèbre le 100e anniversaire de la Confédération et l’Expo 67 à Montréal est le plus grand évènement international jamais organisé au pays. Il contribua au rayonnement du Canada à travers le monde. Plus de 50 millions de personnes viennent à l’exposition universelle de Montréal. C’est pour l’exposition que les îles Sainte Hélène et Notre Dame ont été créée. Les médias font savoir au monde que Montréal et le Canada sont des endroits technologiquement avancés, cosmopolites, intelligents et dans le vent…
Les célébrations du centenaire se déroulent sur toute l’année 67 et de nombreux rassemblements ont lieu sur la Colline du Parlement ainsi que partout au pays.
Les relations avec les E.-U.
John F. Kennedy, président, en 1961 :
« La géographie a fait de nous des voisins. L’Histoire a fait de nous des amis. L’économie a fait de nous des partenaires. Et la nécessité a fait de nous des alliés. Que nul ne tente de diviser ceux que la nature a ainsi réunis. »
Pierre Elliott Trudeau, premier ministre du Canada, en 1969 :
« Être votre voisin, c’est comme dormir avec un éléphant ; même si la bête-si je puis l’appeler ainsi- est douce et placide, on subit chacun de ses mouvements et de ses grognements. »
Les Premiers peuples
A la fin du 19e siècle, la politique fédérale à l’égard des Autochtones vise à accéder à leurs terres et ressources mais aussi à réduire le nombre d’obligations à leur égard, y compris les droits issus des traités. Ils luttent par la résistance, l’affirmation culturelle et l’autodétermination.
Consolidation coloniale en Arctique
Après la 2GM, le Canada entreprend d’élargir les services jusqu’aux territoires du Nord (éducation, santé, maintien de l’ordre ou encore services sociaux). Mais ces politiques sont conçues par des fonctionnaires qui ne connaissent pas les réalités du terrain et en moins d’une génération, les Inuits connaissent la plus grande transformation sociale et culturelle de leur histoire.
Certaines initiatives visant à améliorer la santé des Inuits ne font qu’amplifier les souffrances des malades et de leur famille. Lorsque la tuberculose se propage au Nord dans les années 40 et 50, les individus sont évacués dans des hôpitaux du Sud. Communiquer avec ses proches est alors quasiment impossible. Et bon nombre de familles ne sont pas averties quand un décès survient.
L’abatage des chiens inuits
Des années 50 aux années 70, les agents de la Gendarmerie Royale du Canada abattent des milliers de chiens de traîneau, le plus souvent sans l’autorisation de leurs propriétaires. Soit disant pour améliorer la sécurité publique, ce geste a une incidence incroyable sur le mode de vie en Arctique, où les chiens jouent un rôle capital, notamment pour les déplacements et la chasse.
Quand j’étais à Fermont, le livre Qimmik de Michel Jean m’en avait déjà parler : c’est un très beau livre, triste mais beau…
La relocalisation dans le Haut-Arctique
Au début des années 50, le gouvernement déplace quelques 90 Inuits dans les îles inoccupées du Haut-Arctique. L’objectif est double : renforcer les revendications du Canada sur la région et éloigner les Inuits des territoires de chasse au sud, où le gibier pourrait bientôt manqué. Les familles n’obtiennent pas les logements adéquats et doivent subsister dans un environnement qui n’est pas comparable à ce qu’elles connaissaient… Le gouvernement a présenté des excuses publiques en 2010.