Mike a enfin décidé d’amener les quads : on peut donc en faire un peu (s’il fait assez froid et que la neige est dure pour en supporter le poids) !


On fait une sortie du bois express : on visite une autre cabane à sucre, Sugarbush Hill avec une glace à l’érable trop, trop bonne ! Ils ont un évaporateur bien plus grand que le notre et leur mise en place est vraiment mignonne ! Il y a des pancartes explicatives et je récupère quelques informations sur la production du sirop d’érable que Mike ne pouvait pas expliquer…


Seuls 3 des 13 arbres natifs d’érable sont important dans la production du sirop d’érable : Acer saccharum (produit la majeure partie de la sève utilisée dans la fabrication du sirop), Acer nigrum et Acer rubrum. L’arbre contient du dioxyde de carbone, quand les températures chutent en dessous de 0°C, le gaz se contracte créant un vide à l’intérieur de l’arbre qui aspire la sève des racines vers le tronc. Durant la journée, le gaz réchauffé s’étend et met de la pression forçant la sève à sortir par les entailles ou à retourner dans les racines.


La sève est un mélange d’eau, de sucre, de minéraux (calcium, potassium, manganèse, magnésium, phosphore et fer) et de vitamines (B2, B5, B6, niacine, biotine et acide folique). Ces nutriments sont conservés en partie durant le processus de fabrication.

La sève ne devient sucrée qu’au printemps lorsque l’amidon des racines est transformé en sucre. L’amidon est fabriqué en été, plus grand est le feuillage, plus sucré sera la sève.

Les arbres sont entaillés chaque année avec de nouveaux trous (idéalement) : un arbre de 25 cm de diamètre n’a qu’une seule entaille mais les plus gros peuvent en avoir 3 ou 4. Elles doivent être profonde de 5 cm. Lorsque les arbres sont entaillés correctement, ils peuvent donner de la sève sans avoir d’effets secondaires (comme un don de sang !).


Les seaux (chaudières comme on dit au pays)

Au début, l’écorce de bouleau était utilisée pour fabriquer les chaudières. Puis les chaudières en bois de pin viennent les remplacer vers 1850. Dès les années 1880, les chaudières en métal font leur apparition puis les chaudières en aluminium dans les années 1960. Et enfin, ce sont les chaudières en plastique dans les années 1980 qui permettent de voir le niveau de sève à distance (le plastique est transparent).

Lorsqu’il y a beaucoup d’entailles, on n’utilise plus les chaudières mais un système de tubes en plastique (dès les années 1990) : c’est cher mais le travail est (un peu) plus facile.


Puis on passe à Huntsville pour une queue de castor (alors, non, ce n’est pas une vraie queue de castor : c’est une pâtisserie sucrée, comme une pizza sucrée mais frite, il faut du gras ici pour survivre à l’hiver !) avant de faire le tour de Lake of Bays (on s’arrête boire une bière au Boiler room, un restau sur la route)…


On finit de faire bouillir la sève : Mike a décidé que ce weekend est le dernier, après il trouve que le sirop est trop foncé… Par chance pendant qu’on bout le dernier lot, il fait beau et j’en profite pour faire des photos avec tous nos lots ! Et on mange nos derniers pancakes avec du sirop frais, enfin, chaud !

Le soir, Karen et moi, on s’occupe de filtrer le dernier lot et de l’embouteiller : on finit de nuit, vers 22h…


Le lendemain, on nettoie l’évaporateur, les tanks, les chaudières… On vide aussi les hot tubs et on fait le ménage des tentes et de la cuisine du camp sud.


On a droit de prendre autant de sirop que l’on veut mais c’est plus une question de combien on peut en mettre dans nos sacs à dos !

Puis on retourne chez les parents de Mike pour une dernière nuit avant de prendre le bus pour Ottawa ! On fait quelques petites balades et on mange au East side Mario (une chaîne de fast food italien) avant le bus…