Je parle des musées d’Ottawa (puisque la capitale est réputée pour ça) avec Finn et il me dit qu’il n’est pas encore allé au Musée de la guerre…
On s’y rend le 11 novembre, c’est plutôt une bonne journée pour y aller, non ?
Il y a énormément à voir et lire : c’est fascinant d’avoir un autre point de vue sur des parties de l’histoire que je connais déjà… J’avais déjà eu cette sensation en NZ après l’expo sur la 1GM au musée Te Papa…
Il y a différentes sections : les guerres avec les Premiers peuples, la guerre avec les USA, les deux grandes guerres, ou encore les guerres récentes ou missions.
Les Vikings sont les premiers européens à atteindre le Canada : arrivés vers l’an 1000, ils sont venus du Groenland et établirent un avant poste à l’Anse aux Meadows, à Terre-Neuve. Terreur de l’Europe, ils ne purent jamais vaincre les Premières Nations.
Lors des visites ultérieures des Européens, les Premiers Peuples comprirent que leurs armures de bois ne les protégeaient pas des balles de plomb et allaient au combat à découvert. C’est ainsi que les raids et les embuscades devinrent leurs tactiques de guerre les plus importantes.
Par le suite, les français purent tisser des liens très étroits avec les Premières Nations : ces derniers les inclurent dans leurs tactiques militaires et combattirent à leur côté lors des guerres avec les anglais, en effet, leur rivalité entre les 2 peuples se retrouva en Amérique. Les français leurs montrèrent comment utiliser les armes à feu et les Premiers Peuples leurs apprirent à se battre en forêt et leurs échangèrent nourriture et équipements (canoës, raquettes, mocassins,…). Aucun groupe ne domina l’autre : ils restèrent indépendants et formèrent une alliance puissante.
Les français occupèrent d’abord un avant poste à Québec puis se dispersèrent partout au pays.
Les Acadiens, francophones, furent expulsés de leurs terres et presque anéantis : en 1710, leur territoire fut conquis par les anglais mais ils refusèrent de prêter le serment d’allégeance à la Grande Bretagne, ils avaient des liens étroits avec les français et les Micmacs ce qui inquiétait les autorités britanniques. Malgré la destruction des fermes et la séparation des familles, et les centaines de morts, les survivants reformèrent leur société dans les provinces du Nouveau-Brunswick, de l’Île du Prince Edouard et de la Nouvelle Écosse.
La guerre de Sept Ans mis fin à 150 ans de combats entre anglais et français : en 1754, français et Premiers Peuples expulsèrent des colons britanniques hors de la vallée de l’Ohio, ce conflit local devint rapidement une guerre mondiale. Un an plus tard, les anglais et les français envoyèrent leurs armées et l’année suivante se déclarèrent officiellement en guerre. En 1759, la guerre faisaient rage en Amérique du Nord et en Europe mais aussi en Afrique, en Asie et dans les Caraïbes. Ce fut la première grande guerre mondiale de l’histoire…
Pendant la guerre de l’Indépendance Américaine, des Rebelles américains attaquèrent le Canada et assiégèrent Québec (31 décembre 1775). Les soldats britanniques et les miliciens français ou anglophones s’allièrent pour défendre la ville et forcèrent les Rebelles à se retirer (mai 1776).
Lors de la Première Guerre Mondiale, plus de 66 000 canadiens et canadiennes moururent, 173 000 subirent des blessures physiques et de nombreux autres restèrent marqués par les traumatismes psychologiques.
Le Canada ne rapatria pas ses morts, ils furent enterrés Outre-mer quand un corps pouvait être récupéré, sinon leurs noms furent inscrits sur des monuments.
Le musée honore tous les soldats : les Premiers peuples ont toujours combattus et on parle de l’un des leurs… Le caporal Francis Pegahmagabow, un Ojibwé, est le soldat autochtone le plus décoré de l’histoire du Canada.
Engagé dans la Première Guerre Mondiale, il se consacra par la suite à sa communauté et à faire avancer les droits des Autochtones au Canada. Il était un excellent tireur d’élite et membre des commandos d’attaque des tranchées. À son retour, et malgré ses succès et célébrité, il se heurta aux discriminations raciales, notamment aux inégalités d’accès aux prestations des anciens combattants. Il fut élu chef de la Première Nation Wasauksing par deux fois et en fut aussi le conseiller. Il mit ses connaissances au service des intérêts de sa communauté, notamment en termes de droits territoriaux. À partir de 1949, il fut aussi Chef suprême du National Indian Government, une organisation politique visant à promouvoir l’autonomie des Autochtones et la solidarité entre les différents peuples d’Amérique du nord.
La plus grande partie du musée se consacre à la 2GM, la guerre qui mettrait fin à toutes les guerres…
Le Canada envoya ses soldats en Europe mais la guerre vint aussi au pays sous forme de guerre navale. Dès 1942, les U-boot commencent à mener des opérations au large de Terre-Neuve, coulant des navires dans le Golfe du Saint Laurent et dans le fleuve. Les sous mariniers allemands débarquèrent ainsi des espions au Québec et au Nouveau-Brunswick… L’un d’eux fut immédiatement arrêté (il éveilla tout de suite les soupçons), l’autre se rendit aux autorités canadiennes lorsqu’il fut à court d’argent en 1944 (il ne se livra à aucune activité d’espionnage).
Ottawa pris alors des mesures pour protéger sa côte est : le gouvernement déploya des troupes, de l’artillerie lourde, des navires de patrouilles et des avions.
En 1942, le U69 torpilla le SS Caribou faisant 137 victimes dont des femmes et des enfants.
En 1943, l’équipage du U537 bâtit une station météo au nord du Labrador pour transmettre la météo le long de la côte. Pour tromper les observateurs, les allemands écrivirent « Bureau météorologique canadien » sur la base. Les autorités canadiennes ne trouvèrent la station qu’en 1981.
Canadiens d’origine japonaise, une part plus sombre de l’histoire canadienne
Dès 1942, le gouvernement utilisa la force pour expulser les canadiens japonais de la côte ouest de Colombie Britannique. On craignait que ces canadiens n’appuient des attaques du Japon. 21 000 d’entre eux furent envoyés à l’intérieur des terres.
En 1945, une seconde expulsion eu lieu et plus de 4 000 canadiens japonais furent expulsé au Japon (ou « rapatriés » comme on disait à l’époque) avant que le gouvernement n’annule son projet en 1947. Peu revinrent en Colombie Britannique et beaucoup refirent leur vie ailleurs au Canada.
La campagne des 100 jours
Les troupes canadiennes libérèrent des dizaines de villes françaises et belges. Ils furent accueillis par des milliers de civils qui avaient souffert sous la tyrannie nazie et se rendirent compte que leurs coûteux sacrifices avaient valu la peine. Les français les accueillirent avec le Red Ensign, drapeau du Canada au moment de la guerre.
Le Canada et les Pays-Bas
En 1940, la famille royale néerlandaise en exil arrive au Canada. C’est le début d’une longue amitié entre les peuples canadien et néerlandais. En 1943, la Princesse Magriet naquit à l’hôpital civique d’Ottawa. Le Parlement décréta la salle d’accouchement territoire international temporaire afin qu’elle puisse avoir la nationalité néerlandaise et non la double citoyenneté.
Amitié qui fut renforcée par la libération des Pays-Bas par le Canada et qui pris vie sous forme de bouquets de tulipes. Les soldats furent les premiers à en recevoir, puis la Princesse Juliana envoya 100 000 bulbes en 1945 à Ottawa en signe de remerciement et depuis, les néerlandais expédient chaque année 20 000 bulbes de tulipes pour le festival des tulipes en mai.
Après la 2GM, le contrôle de l’Arctique s’avéra une préoccupation majeure du Canada : tant dans la défense du continent pendant la Guerre Froide que pour y assurer sa souveraineté.
L’opération Musk Ox, débutée en 1946, visait à étudier les problèmes inhérents à la logistique durant le rude hiver arctique. L’expédition voyageait la nuit et dormait le jour lorsque les températures étaient plus clémentes.
Les Rangers canadiens sont la principale source militaire dans l’Extrême Arctique et dans les régions côtières éloignées. Ils sont réservistes, environ 4000, et assurent des fonctions de surveillance, de sauvetage ou d’expertise à partir de 165 communautés isolées.
L’affaire Gouzenko
C’est à la défection d’Igor Gouzenko et aux preuves qu’il remit aux autorités canadiennes que l’on doit le début de la Guerre Froide. Il était chiffreur à l’ambassade soviétique à Ottawa et signala les activités d’espionnage de l’Union soviétique contre ses Alliés occidentaux. Les espions étaient surtout en charge de collecter des informations sur les armes atomiques.
Il dut vivre caché avec sa famille durant toute la GF mais il écrivit des livres et remporta des prix pour ces derniers (This was my choice et Fall of a Titan).
Les missions des Nations Unis
Le Canada pris part à plusieurs missions des Nations Unis et aux casques bleus. En 1974, des soldats canadiens furent envoyé à Chypre après qu’elle fut envahie par les Turcs.
Le Canada a participé à d’autres guerres, notamment dans le cadre de coalitions internationales (Guerres du Golfe et de Somalie, Génocide au Rwanda, Guerres en Yougoslavie, en Afghanistan…)
La fillette sur la photo
Cette image, gagnante du prix Pulitzer, montre Kim Phuc, 9 ans, vêtements brûlés au napalm, fuyant son village. Le gouvernement communiste du Vietnam exploita sa renommée et sa réhabilitation médicale à des fins de propagande anti-américaine. Kim Phuc passa à l’Ouest en 1992, et devint citoyenne canadienne à Terre-Neuve. Sa fondation vient en aide aux enfants victimes de la guerre.
L’art militaire au féminin
C’est une réponse créative aux conflits : dans les années 1800, les femmes sont Observatrices, Victimes et Rapporteuses.
Les colons craignaient une invasion américaine, les autorités s’inquiétaient des troubles civils et les Autochtones subissaient la violence des colons.
Les femmes observaient ces moments de troubles, elles en étaient parfois les victimes et rapportèrent de nombreux évènements.
Pendant les guerres mondiales, elles sont Participantes, Exclues et Témoins.
Les femmes ont pu participé à l’effort de guerre mais sous certaines restrictions liées à leur sexe. Elles ont été les témoins des conséquences dévastatrices de ces guerres.
Lors de la Guerre Froide, elles deviennent Sympathisantes, Questionneuses et Protestataires.
Certaines artistes appuyaient le travail des armées, tandis que d’autres remettaient en question le rôle des conflits, protestant ainsi contre la norme.
À partir des années 60, les rôles des femmes dans l’armée canadienne se sont élargis et les artistes étaient là pour le documenter.
Artistes contemporaines, elles sont aujourd’hui Enquêtrices, Opposantes ou encore Dérangeantes.
Beaucoup d’artistes donnent voix à des personnes qui ne peuvent plus parler, dont les histoires n’ont pas été racontées.
Fait marrant pour terminer sur quelque chose de plus léger !
Wolverine, le super-héros de Marvel, est canadien ! Il est né en Alberta et reçut son squelette indestructible dans un laboratoire secret canadien. Il était soldat canadien lors des 2 GM.