J’y retourne encore une fois puisque je n’ai pas pu faire la partie consacrée aux Premières Nations… Il y a des bâtiments rappelant les maisons traditionnelles des peuples autochtones et à l’intérieur de l’art mais aussi des objets issus de leur quotidien.


Au cours de la dernière période glaciaire, lorsque le niveau de la mer a baissé, le fond marin entre l’Alaska et l’Asie est apparu et c’est à ce moment là que les ancêtres des peuples autochtones sont entrés sur le territoire nord américain. Des indices archéologiques laissent penser qu’il y a 18 000 ans, des populations d’Asie de l’est ont migré et se sont installées en Béringie, sur des territoires libres de glaces. Il est aussi possible que d’autres populations aient vécues au sud des glaces mais cela fait encore l’objet de débats.

Il y a 5000 ans, les glaciers ont atteint leur taille actuelle et les peuples autochtones ont continué d’étendre leur territoire à la faveur du peuplement par les végétaux et animaux de nouveaux territoires.

Il y a 1000 ans, l’Amérique du nord ressemblait beaucoup à ce qu’elle est maintenant et les peuples des Premières Nations occupaient une plus grande partie du territoire que la population contemporaine du Canada.


Les histoires de la création

Ces histoires racontent ce qui s’est passé au début des temps et sont aussi diversifiées que les peuples qui les racontent. Les personnages principaux (la Femme du Ciel, Corbeau, Glooscap, Sedna et Nanabush) ont tous joué un rôle important dans la création.


Chez les Haudenosaunee, il y avait dans le ciel une île où vivait le Peuple du Ciel. Un jour, une femme enceinte est tombée dans un trou laissé par un arbre déraciné. Lorsqu’elle émergea des ténèbres, elle aperçut l’océan. Dans ce monde là, les animaux s’étant réunis ont envoyé des oiseaux rattraper la femme qui tombait. Ils l’ont déposaient sur le dos de la Grande Tortue, les autres animaux lui firent une place en construisant une surface avec de la boue solidifiée. La Femme du Ciel s’installa ainsi sur l’île de la Tortue avec des plantes médicinales qu’elle avait apportées avec elle. Elle devint la mère de la culture haudenosaunie.


La naissance du bien et du mal

La Femme du Ciel donna naissance à une fille qui mis au monde des jumeaux. Avant même leur naissance, ils étaient rivaux : le bon frère vint au monde de façon naturelle, le mauvais, jaloux de ne pas être le premier, sortit par la côte de sa mère. Les deux frères grandissent et remplissent le monde de leurs créations. Le bon frère crée tout ce qui est bon et utile aux humains, tandis que l’autre s’évertue à détruire tout ce que le premier a créé. Ils finissent par se livrer bataille, le mauvais frère est chassé, confiné sous terre d’où il envoie des émissaires qui continuent à faire le mal.

L’impact du christianisme fut profond, remplaçant ou augmentant les croyances traditionnelles.


Je dois y retourner encore une fois pour finir enfin de lire tout ce qu’il y a dans le musée, ça ne ferra que la 4e fois…


Il y a un monument commémoratif des pensionnats pour Autochtones, celui là est en exposition permanente au musée. Cette œuvre honore la vie des enfants qui ont été enlevés à leur famille et envoyés dans des pensionnats. C’est à Tsakis (Fort Rupert, Colombie Britannique), qu’il a entamé son parcours. Il compte 130 visages sans sourires, représentant autant d’enfants qui ont souffert dans les pensionnats. Des symboles à l’envers représentent les architectes du système et les institutions qui l’ont soutenu : une feuille d’érable (le Canada), une croix (l’église), RCMP (la Gendarmerie royale du Canada), NWMP (la Police montée du Nord Ouest).

Le lavis noir évoque cette période sombre de l’histoire du Canada, le orange rappelle que chaque enfant compte.

En haut du monument, trône le Corbeau, créateur et protecteur. Tenant la graine de la vie dans son bec, il appelle les esprits des victimes à rentrer chez eux.


J’en apprend plus sur le mode de vie des Inuits :

La plupart des Inuits n’habitaient pas dans des maisons de neige : l’été, ils vivaient dans des tentes en peaux, l’hiver, ils fabriquaient des maisons à ossatures de bois de dérive ou en os de baleines, isolées par des plaques de gazon à l’extérieur. Ils savaient que l’air chaud monte : ils construisaient donc des entrées souterraines avec un sas thermique et la zone de couchage était sur une plateforme surélevée (partie la plus chaude de la maison). Le bois était peu utilisé pour le chauffage (trop rare et trop de fumée dans une maison fermée). Ils utilisaient de la graisse de mammifères marins (baleines, phoques…) pour produire de la chaleur et de la lumière.


Des vêtements adaptés au climat

Les inuits fabriquaient les vêtements les plus chauds de la planète : plusieurs épaisseurs et l’isolation inégalée des peaux de caribous rendaient les vêtements très efficaces.

La confection des vêtements étaient la tâche la plus importante mais aussi la plus laborieuse et demandait beaucoup d’habilité. Les tendons du caribou étaient utilisés comme fils, le cuivre ou des os pour les aiguilles…

Mais lorsque le soleil éclatant du printemps revenait après l’hiver, d’autres problèmes surgissaient : la lumière reflétée pouvait entraîner la cécité des neiges (sensation de brûlure de la rétine). Pour réduire l’éblouissement, ils portaient des lunettes de neige.


La spiritualité des baleiniers

Pour les inuits, les animaux ont une âme qui peut se transformer en monstre si elle n’est pas traitée avec respect. Ils croyaient aussi que les animaux se livraient délibérément pour être capturés. En traitant les animaux avec respect, un bon chasseur s’assurait de pouvoir continuer à le chasser : en effet, l’animal renaissait pour être chassé à nouveau.

Ces croyances se reflétaient dans les règles et rituels qui entouraient la chasse à la baleine boréale, la plus imposante et la plus puissante des créatures des mers arctiques. Chaque membre de l’équipage portait un nouveau vêtement propre en signe de respect pour la baleine. Ils offraient aussi de l’eau douce à la baleine en guise de cadeau pour s’être laissée capturée.


Les baleiniers aujourd’hui

Au début du 20e siècle, les baleiniers américains et européens ont presque épuisé les stocks dans l’Arctique canadien. La chasse inuite a donc cessé au vue des interdictions des organisations gouvernementales de réglementation.

Dans les années 1990, la population s’est rétablie et la chasse inuite a repris : les prises sont rares mais elles sont une représentation symbolique très importante. En effet, le lien spirituel des inuits avec les baleines a été recréé et la chasse leur permet aussi de réaffirmer leur droit à l’autodétermination.


Il en va de même pour la chasse au Bison mais les populations ne se sont pas encore rétablies pour que la chasse collective traditionnelle reprenne. Il a fallu seulement 25 ans à la fin du 19e siècle pour faire s’effondrer les populations de Bisons et faire disparaître une tradition de plus de 10 000 ans.

« un vent froid a soufflé sur la prairie lorsque le dernier bison est tombé … un vent de mort pour mon peuple » Chef Sitting Bull, sioux hunkpapa


L’influence des femmes

Le clan constituait la base de l’organisation sociale et politique des Iroquoiens. Les mères de clan choisissaient les chefs (des hommes) représentant les clans, notamment lors des conseils de village. Elles pouvaient aussi démettre de leurs fonctions les chefs qu’elles jugeaient incompétents. On leur demandait aussi conseil avant de déclarer une guerre ou d’entamer des négociations de paix.